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Entre Villefranche et Beaujeu, à l'Ouest de Belleville et à une heure de marche de la Saône, il existe un espèce de coteau élevé que rien ne relie à la chaîne des montagnes du Beaujolais, mais qui est posé comme une sentinelle avancée vers ce pays fertile.
Observatoire naturel, leMont Brouilly servait probablement aux cultes païens et aux druides dès la plus haute antiquité.
Au milieu du XIXème siècle, le vignoble beaujolais est ravagé par l'oïdium*. En parallèle de ces circonstances fâcheuses, la pensée s'est reportée vers la providence. Le désir de rétablissement de signes religieux sur le sommet du Mont Brouilly s'est donc manifesté sous l'empire d"un pieux élan.
Le nouveau monument doit braver les ravages du temps et doit devenir le centre et le foyer d'un pélerinage pour toute la contrée. La pensée d'élever un monument à la Vierge sur Brouilly est venue de Charentay, où la vigne était particulièrement atteinte.
* oïdium est le nom d'un genre de champignons unicellulaires appartenant à la famille des érysiphacées. Par extension, on nomme oïdium la maladie cryptogamique, appelée aussi maladie blanche.
Une solidarité à toute épreuve...
"Au coeur du Beaujolais, la Vierge au Raisin paraît être une sentinelle avancée, placée là pour détourner la gelée, la grêle et les fléaux de toutes sortes qui s'acharnent contre la vigne, raison d'être du pays."
Le mérite principal de cette petite chapelle revient à Monsieur Desjardins, architecte, qui après avoir dressé les plans et devis, en a surveillé l'exécution et vérifié les matériaux.
La Chapelle a sa façade vers l'Orient et son choeur vers l'Occident, la perspective du site ayant exigé cette exposition.
L'édifice a 7 mètres de large et 17 mètres de long et sa hauteur est de 12 mètres outre l'élévation du piedéstal et de la niche supérieure qui abrite la statue de la Vierge.
Il y a 11 croisées et autant de contreforts extérieurs, le tout en pierres taillées dites de Saint-Martin. Le style ogival qui domine et les contreforts solides qui la soutiennent lui donnent un aspect du Moyen-Âge, sévère et religieux.
Pour ne laisser aucune prise aux vents et aux orages très fréquents, une corniche de pierres de taille liées et attachées ensemble par des crampons recouvre le sommet des murs. La toiture est enchâssée dans cette corniche et la couverture de zinc est solidement fixée au bois.